MÉDINE

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MÉDINE


LA QUESTION

On a l'impression que le moindre de vos tweets ou posts est guetté pour voir si on peut en tirer une polémique : pas fatiguant ? Comment vous vivez cette situation au quotidien ? 

J’en suis flatté, cela veut dire que ma parole compte et porte. Je ne suis qu’un parmi toutes les voix de personnes racisées qui ont le malheur d’avoir une parole politique publique. Des humoristes subissent le même sort, des footballeurs subissent le même sort… et bientôt quand l’extrême-droite aura imposé son agenda à Toustes, ce sera tout le monde qui subira le même sort.

 

L’INTERVIEW

Dans votre rap vous portez un regard pointu et acéré sur la politique au sens large et sur la société française : comment vous tenez-vous informé de l'actualité aujourd'hui pour vous maintenir en contact avec notre monde ? 

Je privilégie les sources d’information indépendante type Street presse, Blast, le média, Mediapart… tous ceux qui sont censés ne pas appartenir à un milliardaire qui s’achète des media pour gagner la bataille culturelle.

Ce qui vous fatigue dans la France d'aujourd'hui ? Et ce qui vous donne de l'espoir ? 

C’est fatiguant de ne pas sombrer dans la colère, ça demande beaucoup d’énergie de rester dans la joie. Ce qui me donne de l’espoir c’est la Gen Z qui est beaucoup plus affûtée politiquement que nous l’étions auparavant.

L'an dernier il y a eu Stentor (I) accompagné d'un Zénith : qu'est-ce qui nous attend pour la suite autour de ce Stentor ? Un deuxième volet ? Ou quelque chose à plus long terme ? 

J’enregistre de nouveaux morceaux et en parallèle je prépare la nouvelle tournée acoustique. J’aimerais pouvoir sortir l’acte 2 courant 2026, ça prend du temps, comme toutes les bonnes choses.

Vous êtes originaire du Havre, Normand comme un autre rappeur du même âge que vous mais qui est je crois à des années-lumière en termes de style : Orelsan. Au-delà de l'âge et la Normandie, est-ce que vous vous trouvez des points communs avec lui ?  

Avec Orelsan nous sommes très proches en de nombreux points. Certains schémas de rimes, certaines approches narratives, le goût du bon mot, la fidélité aux équipes de départ… Je pourrais trouver 1000 points commun encore autre que notre géographie !

Dans le titre "QI.Rap" vous exposez votre vision et expérience du rap : êtes-vous nostalgique de vos débuts (et du monde du rap de l'époque) ? 

Pas du tout. Je combats la nostalgie. C’est un sentiment de réac’ pour moi. Le rap c’est toujours mieux après. La qualité des textes et des flows est de retour, l’engagement politique aussi, le rap d’aujourd’hui enterre le rap d’hier, et cultive son sol, exploite les fruits et c’est une excellente chose pour notre culture.

Selon vous, d'où viendra le salut pour le rap et pour les artistes en général dans les prochaines années ? 

Il n’y a pas de salut à chercher, car il n’y a pas de fin pour la culture. Elle est enracinée et elle continuera à se développer avec ou sans nous. J’ai confiance dans le génie des humains. Le rap ne cherche pas le salut, le salut, c’est le rap !

 

LE QUESTIONNAIRE DE PROG !

La dernière chose que vous faites avant de monter sur scène ?

Je mets mon masque de Stentor.

Votre livre de chevet ou votre lecture du moment ?

Le petit Nicolas.

Quelle est pour vous la musique idéale pour bien démarrer la journée ?

« Piña colada » de Rupert Holmes.

Le film que vous pourriez voir et revoir à l’infini ?

Les évadés.

Ce que vous aimez trouver en arrivant dans votre loge ?

Un panier garni de produit locaux et des fleurs.

La première chose que vous faites en sortant de scène ?

Un debrief avec l’équipe pendant que la mémoire est fraîche !

 

MÉDINE À AUCARD DE TOURS le 9 juin au parc de la Gloriette à Tours. Réservations https://billetterie.radiobeton.com.

PHOTO Romain Garcin

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