LES TAMBOURS DU BRONX
Bientôt quarante ans, des centaines de bidons ravagés, une énergie rock intacte : Dom’, un historique des Tambours, répond à nos questions.
LA QUESTION
Dans le show métal qu’on verra en Touraine, vous êtes l’un de ceux qui a laissé les mailloches et bidons pour la guitare : ça ne fait pas trop bizarre ?
Oui et non ! La guitare est mon instrument d’origine. Je me sens plus exposé qu’en étant derrière le bidon, avec les autres. À la guitare on est un peu plus seul, on a moins le droit à l’erreur... Mais avec ce projet métal on retrouve aussi le frisson des débuts, c’est une prise de risque à chaque concert. Et les bidons sont toujours là, très présents, ça reste eux la star du show !
L’INTERVIEW
Ce tournant vers le métal semble assez logique vu de l’extérieur…
Pour nous oui c’est assez logique. C’est compliqué car on est très nombreux, avec pas mal de passage même si on est un vrai groupe et pas un collectif. Sur quarante ans de carrière, avec une vingtaine de musiciens, il y a eu du turn-over et on n’est pas tous branchés métal, mais c’est quand même le cas pour une grosse partie du groupe. Et on a des musiciens qui viennent de groupes de rock métal.
On a toujours un peu considéré notre musique à minima comme du rock industriel même si on jouait sur des bidons. Petit à petit on a intégré des samples parce qu’on avait envie d’élargir les horizons musicaux, mais on a toujours considéré qu’on faisait du rock, voire du métal. On a une certaine puissance sur scène qui se rapprochait depuis longtemps des concerts de métal. D’ailleurs on a participé à des festivals de métal alors qu’on était le seul groupe sans guitare ! Donc ce projet métal, c’est une suite logique, même si certains membres de notre public ne sont pas de cet avis.
D’ailleurs ça ne vous empêche pas de continuer à tourner en version « classique » des Tambours !
C’est parce qu’au début le show métal devait être seulement une parenthèse ! Il y avait une petite lassitude dans le groupe, ça faisait longtemps qu’on tournait le même spectacle, donc on a eu envie de nouveauté. On pensait faire le show métal pendant un an, et finalement le spectacle a bien marché, on y a pris aussi beaucoup de plaisir, donc c’est devenu un spectacle à part entière en parallèle de notre spectacle classique.
Donc maintenant tout dépend des programmateurs, et le public a aussi le choix entre nos deux propositions. Ce qui est intéressant c’est de voir les fans de métal découvrir notre show classique après, et notre public qui vient découvrir le métal grâce à ce projet.
Et les bidons, vous les trouvez comment ?
On les achète en Belgique. On se fait livrer un semi-remorque tous les ans. Ils savent qu’on a besoin de bidons spécifiques, le moins épais possibles, légers et qui tiennent bien. Les normes des bidons ont changé, ceux qu’on avait au début n’existent plus. En avançant dans le temps, les bidons sont de plus en plus épais, lourds et durs, donc ça fait mal. Ostéo garanti !
LE QUESTIONNAIRE
Dernière chose avant d’entrer en scène ?
On est nombreux, on a chacun notre truc. Mais après on fait tous les cents pas en attendant que ça commence !
Le dernier spectacle qui vous a fait pleurer ?
Pas très humble, mais un des nôtres : à la fin de notre dernier Trianon, j’ai reconnu des gens qui nous avaient suivis sur presque toute la tournée, et d’autres que je n’avais pas vus depuis longtemps.
Artiste des fourneaux, votre spécialité en cuisine ?
Je ne suis pas très doué ! Mais un burger maison.
En sortant de scène...
Je m’ouvre une bière, après l’effort le réconfort !