NICOLAS PEYRAC

« Il y a toujours un lien entre mes romans et mes chansons »

Le parolier, compositeur et chanteur Nicolas Peyrac sera présent pour la première fois aux Ecrivains chez Gonzague (La Forêt des Livres). PROG ! voulait en savoir plus sur son parcours de romancier.

Quel est le cœur de votre nouveau roman, Sans oublier qu’un jour on s’est aimés ?

Une histoire d’amour improbable entre deux personnes qui se rencontrent à l’adolescence, sans oser jamais se parler, et dix ans plus tard leur rencontre par hasard débouche sur une histoire d’amour. Entre temps, elle est devenue une actrice majeure du cinéma français, et lui est réalisateur de films d’art et d’essai. Mais bien sûr quelqu’un va s’interposer, et je ne peux pas vous en dire plus ! C’est un livre au déroulement inattendu avec de nombreux flash-backs, mêlé avec l’univers du cinéma. C’est un film basé sur le suspens, sans être un thriller, qui tient les gens en haleine.

Vous avez dit « un film » au lieu d’un livre : significatif, non ?

Oui et ce n’est pas la première fois… Sans doute car ce livre-là est pour moi de toute évidence un film, mais cela ne dépend pas de moi ! Mais même quand j’écris des chansons, je crée des ambiances, des décors, des personnages qui sont très cinématographiques. 

Comment êtes-vous passé de la chanson au roman ?

J’ai commencé en vacances chez Michel Berger à Aix-en-Provence il y a quelques années, avant mon départ pour Montréal. Je me suis lancé, assez naturellement. J’avais envie de changer de genre, et aussi de prouver à mon père que je pouvais le faire, là où lui qui avait été accepté chez Gallimard n’avait jamais publié, car il devait nous nourrir et travailler comme médecin. Je crois qu’il a été plus fier de mon roman que de mes chansons. 

Et quelle est la différence entre écriture de roman et écriture de chanson ?

Une chanson c’est : essayons de rester concentré, qu’on ait tout compris en 3 ou 5 minutes, alors qu’un roman vous avez le temps de développer les personnages, d’expliquer pourquoi ils sont comme ça. Le roman c’est aussi la place à l’imaginaire… Et dans ce roman-ci il y a aussi beaucoup de moi. Beaucoup de questions que peut se poser l’héroïne que je partage avec elle. 

Quelles questions ?

Des questions liées au fait de devenir quelqu’un qu’on n’avait peut-être pas envie d’être. Ce personnage devient star de cinéma sans faire exprès. Moi au départ je suis quelqu’un qui écrit, et comme personne ne voulait de mes chansons j’ai commencé à chanter, et ça m’a fait connaître… Sur un malentendu, finalement ! Je ne le regrette pas, mais j’étais plongé dans cette génération des années 1970 où on ne savait pas qui écrivait, composait, ou ne faisait qu’interpréter…  Finalement cela pose la question de ce qu’on a vraiment envie de faire de sa vie. 

Vous rêviez d’autre chose ?

J’avais très envie de rentrer chez Gamma comme photographe ou correspondant de guerre quand j’avais 18 balais. Je ne voulais pas faire médecine comme le voulait ma mère (je suis pourtant allé jusqu’en 6e année). Je ne voulais pas faire ce qu’on attendait de moi. L’écriture (de poésie, de chanson, de roman,…) était ce que je rêvais de faire, mais je ne rêvais pas de célébrité. 

Et vous tissez des liens entre personnages de romans, vos chansons, vos photos ?

Beaucoup ! Le titre original de ce quatrième roman était Santiago, pour Santiago de Cuba et aussi en référence à une de mes chansons. Mon éditeur a préféré changer le titre pour une phrase issue d’une autre de mes chansons. Il y a tout le temps des rapports avec mes chansons pour les quatre romans que j’ai écrits jusqu’ici. 

Votre mot préféré ?

En ce moment, et de tout temps : tolérance.

Celui que vous détestez ?

Haine, et intolérance, qui sont liées. 

Retrouvez Nicolas Peyrac le dimanche 28 août à Chanceaux-près-Loches - www.lesecrivainschezgonzaguesaintbris.com

 

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