HUGH COLTMAN

« Peu de choses étaient prévues avant d’aller en studio »

Le plus parisien des chanteurs et guitaristes britanniques revient à Jazz en Touraine avec son nouvel album-hommage à Dr John : Night Trippin. On en parle avec lui ! 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de rendre hommage au bluesman américain Dr John ?

C’est le guitariste Matthis Pascaud ! J’avais découvert Dr John avec son premier disque Gris-Gris. Plus tard, j’ai rencontré Matthis, qui venait remplacer le guitariste Freddy Koella avec qui je jouais, mais qui devait aussi accompagner Francis Cabrel. Matthis a su parfaitement s’intégrer dans ce projet entre jazz et blues. Et ce sont nos longues conversations d’après-concerts qui lui ont donné l’idée de monter un projet ensemble. Il m’a appelé en me disant « on se retrouve, avec nos guitares, pour voir ce qu’on peut trouver ? ».

Ce n’est pas intimidant de reprendre le travail d’une figure comme Dr John, qui a ses fans ?

Je crois que certains amateurs n’aimeront pas ! Mais on ne peut pas se soucier en permanence de ce que penseront les gens au moment de travailler. Ce qu’on a pris de Dr John c’est l’esprit, la manière dont il a enregistré ses premiers disques à la fin des années 1960, dans une démarche assez libre, assez jazz. J’ai l’impression en écoutant, et en lisant son autobiographie, que peu de choses étaient prévues avant d’aller en studio. Certains des morceaux d’origine durent 10 à 12 minutes, à la manière d’une longue impro, qu’on ne reproduira pas à l’identique, bien sûr. Ce qui a été compliqué c’était de décider quels éléments conserver, pour nous servir de boussole et rester dans l’esprit de l’original, tout en prenant nos distances. Matthis et moi avons travaillé les parties guitares, avant une ou deux répétitions avec son groupe, et trois jours de studio où tout s’est construit. 

Et cette musique, celle de Dr John, est toujours d’actualité ?

Je ne suis pas sûre que cela soit important. Est-ce que Damso ou Big Flo et Oli seront encore écoutés dans dix ans ? Peut-être… On peut s’engouffrer dans l’actualité, mais essayer de s’inscrire dans la durée est intéressant aussi. Avoir son propre son, son identité, sans chercher à copier ce qui se fait, ce qui est à la mode. 

Vous étiez à Jazz en Touraine en 2021 avec un autre projet…

Oui, un disque plutôt jazz Nouvelle-Orléans ! On me définit souvent comme un crooner jazz, mais mes origines musicales ne sont pas du tout là-dedans. Ça aide peut-être les journalistes à mieux me situer, mais avec ce projet Nigth Trippin je retrouve la voix que j’avais à mes débuts, quand je chantais avec mon groupe de blues, il y a vingt-cinq ans.

Quel souvenir gardez-vous du festival ? Vous avez découvert la gastronomie locale ?

J’ai surtout découvert les boissons locales, si vous voyez ce que je veux dire ! Donc à part un souvenir d’un excellent accueil et un super concert, je n’ai pas grande mémoire du reste ! 

Pour finir, quelle est la plus française de vos habitudes ?

Mes amis me disent que je parle anglais avec des petites interjections typiques du français, les petits « ah », « euh », « hmmm »… 

Et la plus anglaise ?

Je suis en train de répondre à vos questions en buvant une bière au bar en bas de chez moi, ça compte ?

Rendez-vous le 16 septembre au festival Jazz en Touraine – www.jazzentouraine.com 

 

 

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