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COCK ROBIN

exclusivité PROG LE MAG

« Nous n’étions pas dans le style de l’époque, un peu à part »

Le groupe américain Cock Robin sera en concert ce 22 octobre 2022 à la salle Cassiopée de Veigné. Son chanteur et cofondateur Peter Kingsbery revient avec nous sur l’histoire récente du groupe, aujourd’hui composé de la chanteuse Coralie Vuillemin et deux musiciens français. 

 

Aujourd’hui, Cock Robin c’est vous, Coralie Vuillemin et deux musiciens français. Comment s’est passée cette rencontre, d’un point de vue personnel, et artistique ? 

Je travaille depuis huit ans avec Coralie, en duo, pour des concerts dans des petites salles, donc les gens qui me suivent la connaissent déjà. Elle était déjà là pour la tournée de l’album précédent (Chinese Driver en 2016) : c’était la première fois que je jouais sous le nom Cock Robin, sans mon ancienne partenaire Anna Lacazio. J’étais indécis sur le fait de poursuivre l’aventure sans elle, je ne voulais pas être vu comme un escroc, qui propose un groupe Cock Robin où la chanteuse est française et ne danse pas. Mais Coralie a quelque chose qui lui appartient, c’est super. Et une fois cette décision prise, les autres musiciens sont arrivés presque tout seuls, par l’intermédiaire de Coralie, en voisins pour ainsi dire !  

 

Ils font partie d’une autre génération : quel regard ont-ils porté sur votre musique ? 

Coralie n’était même pas née à l’époque des premiers succès ! Pareil pour le batteur, trop jeune, seul le guitariste a grandi un peu avec ma musique. Je crois qu’ils ont le même rapport avec moi que celui que j’avais quand j’ai débuté aux côtés de Brenda Lee, grande chanteuse américaine qui avait eu sa période de gloire dans les années 1950-1960. Elle avait alors engagé un petit jeune aux claviers, qui portait des couches Brenda lee se sentait quand elle a engagé le petit jeune que j’étais. Je suis un dinosaure pour eux, ma musique vient d’une autre époque. Et ils cherchent dans ces décombres ce qu’ils trouvent intéressant… 

Un dinosaure bien vivant quand même ! Le disque Homo Alien l’an dernier, la tournée…

Disons que lorsque je me réveille le matin, je me rends bien compte que je ne bondis pas de mon lit comme avant, mais sur scène, je me sens comme un gamin. Les concerts ne me fatiguent jamais. Quand je monte sur scène, je vois une bonne partie de mes fans qui ont mon âge ou vingt ans de moins, ils sont aussi heureux que moi d’être là, avant même que je ne chante. Bon, des fois je suis un peu étonné de certaines remarques, du genre « ta voix n’a pas changé c’est incroyable ». Est-ce qu’ils venaient pour constater le massacre, et assister à un concert d’un gars qui ne peut plus chanter ? 

Les fans vous suivent parfois depuis longtemps, et vous jouez forcément vos vieux tubes sur scène. Ce n’est pas un peu lassant, à la longue ?

Est-ce que je préfèrerais passer outre ces très vieilles chansons ? Bien sûr. Pourtant, à chaque fois que je les chante, ça fait tellement de bien au public que je ne le regrette pas. Ils vivent un moment extraordinaire, et cela m’emporte aussi. Donc j’essaie de faire de mon mieux pour ne pas les décevoir. Je ne pense pas plus loin que ça : nous offrir à tous un moment de plaisir à partager. 

 

Pour nos lecteurs, je précise que cette interview se fait… en français ! Vous vivez en France depuis de nombreuses années, qu’est-ce qui vous plaît temps ici pour que vous soyez resté ? 

Chaque jour, quelque chose m’arrive et me fait penser « ah mes compatriotes ne vont jamais connaître ça ». Dans ces moments-là, je me sens privilégié. A part quelques intellectuels, les Américains ne connaissent pas la musique de Gainsbourg par exemple. Et rater ça, c’est énorme ! Il a plein de choses que vous avez, que vous prenez pour acquises, qui pour moi sont des privilèges qui me font sentir chanceux. Bien sûr il y a aussi des différences, sur la culture du travail par exemple. Cette petite phrase qui dit que « les Américains vivent pour travailler, et les Français travaillent pour vivre » est plutôt vraie ! 

Même dans le milieu artistique ?

Disons qu’ici, mener une carrière artistique est possible, vous avez des aides, des subventions, le régime d’intermittent du spectacle, c’est incroyable ! Mais c’est parce que vous avez un rapport différent à l’art. Regardez, quand je suis arrivé en France, sur le billet de 20 francs, il y avait la tête du compositeur Debussy. Aux Etats-Unis c’est Andrew Jackson, on n’a que des anciens présidents sur nos billets de banque. Ça veut tout dire ! 

C’est la fin de cette interview, j’ai une confession à vous faire : j’ai longtemps pensé que « Cock Robin » était une personne, vous, et pas le nom d’un groupe. Est-ce que vous avez dû dissiper d’autres malentendus ou d’autres erreurs au sujet du groupe ?

Déjà, vous n’êtes pas la seule ! Anna LaCazio a souvent entendu aussi qu’elle était mexicaine, alors qu’elle était de père italien et de mère chinoise… Ça la gonflait ! Et puis il y a la new wave : Cock Robin a connu ses premiers succès en pleine période new wave, mais nous n’étions pas dans ce style musical. Ce qui finalement nous a servi un peu, je suppose ? Nous n’étions pas dans le style de l’époque, un peu à part… C’est peut-être ça qui fait qu’on est toujours là ?

 

Là et bien là, ils le seront le 22 octobre à la salle Cassiopée de Veigné. Ne perdez pas une minute pour réserver en ligne : https://veigne.festik.net

 

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